SALO VII

Du 13 au 16 Juin / 2019

Commissariat: Laurent Quénéhen

Vernissage le 12 Juin (sur invitation)

111bis Bd de Menilmontant. Paris

http://www.salo.salaisons.org/

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Les 137 artistes  sélectionnés travaillent de multiples versions d’un imaginaire foisonnant et libérateur. Les artistes femmes venues de tous pays sont majoritaires (75 %) ; se sentant plus visées par des restrictions, elles investissent en force ce domaine. Par ailleurs, un focus réalisé par  Baozhong Cui, commissaire d’exposition invité,  présente des artistes chinois souvent victimes de la censure dans leur pays. On peut voir dans ce salon des dessins de corps enlacés, d’autres abandonnés sur l’autel du désir. Certains critiques s'obstinent à affirmer qu’il n’y a pas d’art érotique, que toute forme d’art est érotique, c’est pourtant l’art érotique qui est censuré dans bien des pays, notamment en Chine, Iran, Etats Unis et d’autres pays occidentaux. Faites des cubes, des abstractions géométriques, la censure ne viendra pas vous importuner. Gauguin, Schiele, Balthus ne sont pas décrochés des musées à cause de l’agencement de leurs couleurs. Les censeurs confondent image, texte et réalité, cette confusion est schizophrénique. La figuration d’un viol n’est pas un viol et l’on voit trop souvent ceux qui prêchent contre les images se conduire dans la vie comme des êtres obscènes et abuseurs. Salo a des effets salutaires et participe à ce qui est essentiel à la vie en société, comme un point d’équilibre où les extravagances vivent dans leurs représentations. Ce salon répond à des besoins de santé publique, comme toutes les expositions, films, textes, chorégraphies qui questionnent nos fantasmes. 

Laurent Quénéhen, commissaire de Salo VII

Amours

 

Plateforme

73 Rue des Haies, 75020 Paris.

Du 8 au 24 février 2019

Commissariat: Laurent Quénéhen

 

Vernissage le 8 février à partir de 17h

 

Ana Apostolska, Jérôme Avraham Benarroche, Nicolas Bernière, Aurélie Brame, Delphine Bundschuh, Elsa Cha, Dominique Chazy, Vincent Corpet,  Odonchimeg Davaadorj, Marielle Degioanni, Guillaume Dimanche, Aurelie Dubois, Pierre Dumonthier, Cornelia Eichhorn, Véronique Ellena, Frédéric Fontenoy, Sandrine Elberg, Justine Gasquet, Fanny Gosse, Jean-Michel Hequet, Maria Ibañez Lago, Dorota Kleszcz, Marine Luszpinski, Katia Kameneva, Fanny Lambert, Vanina Langer, Cendres Lavy, Michel Lemoine, Tereza Lochmann, Low Art, Camille Moravia, Marie Maurel de Maillé, Isabelle Millet, Emilie Moutsis, Tami Notsani, Jean-Baptiste Perrot, Joël Person, Laurent Quénéhen, Jérôme Rappanelo, Jeanne Rimbert, François Ronsiaux, Sarah Roshem, Alice Sfintesco, Christine Smilovici, Nathalie Tacheau, Ilona Tikvicki, Anne-Marie Toffolo, Julie Perin, Vincent Prieur

 

 

Films Love vidéo : Nenad Malesevic, Sam Holden, Ilona Tikvicki, Kate Stobbart, Laurent Fiévet, Rachel Hines, Vienne Chan, Thomas Darby, Ben Judd, Avi Krispin, Chris Dupuis, Tad Hozumy, Andrew Love & Dave Pescod, Gerald Zahn & Anna Bertsch, Arnold Pasquier

 

Alice Sfintesco

Performance le 14 février à 18h Collectif Famapoil

 

Présentation du livre Deux, un, l'amour et rencontre avec l’auteur le Dimanche 17 février à 17h

 

 

2019 est une année érotique, éros à l’envers devant le miroir, 50 ans après 1969.

Dans l’astrologie chinoise la nouvelle année commence le 5 février sous le signe du cochon et la fête des amoureux, la Saint Valentin, arrive en cours d’exposition. Tant de signes qu’il en devenait inévitable de rencontrer ce thème, même si 2019 ne s’annonce pas en France sous ses hospices ; parfois les grandes histoires commencent par des frictions, l’énervement n’est jamais très éloigné de l’excitation. Amours est une orientation frivole et chargée : beaucoup d’œuvres sont exposées, mais une seule par artiste, l’amour est à la fois unique et multiple.

Une contrainte qui oblige chacun et chacune à concentrer son concept amoureux sur un unique petit format. Il y a des photographies de personnes chéries, des œuvres suggestives, des fleurs, des objets, des mots, des sons, des symboles. C’est souvent une évocation de l’être aimé, son absence, un mouvement qui commence, mais dont la réponse reste en suspend. Je t’aime. Mais toi ?  Moi non plus. Chanson culte et rebelle qui se plonge dans le moins lisse.

Prends garde à toi si tu m’aimes, prévient Carmen.

Proust écrivait une recherche sur l’amour et ses déboires entre salons mondains et pissotières. Pessoa se perdait dans Lisbonne à la recherche de la beauté rêvée. Baudelaire se désolait et notait en substance : « L'amour est une rose, chaque pétale une illusion, chaque épine une réalité ». Et Lacan de rajouter : « L'amour est donner ce qu’on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas ». Donner ce qu’on n’a pas, c’est peut-être faire la roue, donner l’illusion de la toute puissance à celle ou celui qui n’y croit pas et n’en veut pas, mais le réel avec failles et fracas sans illusion et peut être encore une illusion. Pessoa l’écrivait ainsi : « On n’est pas ce qu’on vit, on est ce qu’on rêve ». Amours est une exposition sur le mouvement, sur les allées et venues, les détails et tel un accrochage dans une salle de château, elle est remplie d'images, de messages d'aïeux et d'aveux, de non-dits ou de regrets.

Laurent Quénéhen

http://www.plateforme-paris.com

 

 

Peaux

Du 5 au 27 Mai / 2018

Nicolas Aiello, Akiko Hoshina, Sophie Lecomte, Elsa Cha

Commissariat: François Michaud

(Conservateur en chef au musée d'art moderne de la ville de Paris)

Vernissage Le 5 Mai

Aponia centre d'art. Villiers sur Marne

 

PEAUX

Que se passe-t- il sous la peau? Nous savons, comme la comptine de la noix est là pour le rappeler au beau milieu de nos souvenirs d'enfance, que l'on ne voit rien, rien d'intéressant quand elle est ouverte.
Derrière, cela se replie, comme un cerveau ou un ruban de Möbius, mais du cerveau nous ne voyons à nouveau que l’extérieur. Alors, mieux vaut procéder autrement. L'un après l'autre, quatre artistes ont tenté de voir derrière, de retourner l’enveloppe, en décidant d’appeler cela « Peaux » – au pluriel naturellement.

 

Elsa Cha raconte des histoires, invente des contes sages ou pas, parfois tout près du corps, parfois très loin, mais toujours impénétrables. Nicolas Aiello traque une mémoire qui, souvent, a partie liée avec l'histoire de l’art ou avec les histoires qu’on cherche à effacer. Quand il dessinait sur la peau il y a quelques années – non pas sous, mais sur... – il couvrait de strates, de griffures l’image d’une paume ouverte... Sophie Lecomte, elle, emprunte bien au réel, aux pellicules qui s’en détachent et à tout ce dont la forme permet la mutation. C'est sa manière de caresser ce qu'elle regarde. Enfin, si Akiko Hoshina prélève aussi, elle sculpte plus qu’elle n’emprunte : une forme extérieure qui a été habitée et qui, par estampage, se révèle à l'endroit qu'elle a choisi à la façon d’une concrétion. Soudain, nous commençons à voir l’envers (juste un peu) : car l’empreinte est envers avant d’être endroit – et, comme Elsa Cha le dit dans un poème, cette peau que l’on voit est aussi celle qui fait de jolis petits ronds – car c’est la peau qui entoure la bouche, la bouche-mère d’où sortent les paroles et ces lèvres qu’on mord plutôt que de parler, les lèvres qui sourient, mais... "votre sourire a deux canines" :  " Cette peau que l'on voit fripée et pliée. Vos mains tremblantes essayant faiblement de retenir la vie. Votre voix soufflant un air faux, les chansons de votre enfance, celles des manèges aux petits chevaux de bois qui tournent...."


Tous ont décidé un jour, seuls et en en parlant peu, de rassembler ces formes tirées des peaux mentales, des couches qu'ils surajoutent aux couches existantes, en ne sachant pas à l'avance ce que sera l’exposition. Un dialogue a commencé – un pentalogue peut-être, car nous sommes cinq à le mener, à distance ou tout près, comme on regarde sa main avant de dessiner.


Il y a eu un travail solitaire – des travaux – et des échanges, entre des artistes qui se connaissent et qui travaillaient à deux pas les uns des autres, puis qui se sont dispersés. La géographie a changé, Akiko Hoshina est partie à la montagne, Nicolas Aiello a emménagé à Paris, Sophie Lecomte continue de glaner dans la forêt ou au bord des rues de Montreuil et Elsa Cha n’en finit pas de dessiner dans les bois. Les corps créés par la première sont là pour s’étendre, stagner, attendre – l’attente est la marque du second, celle qui accompagne les questions sans réponse, quand ce qui est donné n’est pas fait pour paraître au premier plan – le plan de la troisième est celui de ses marches, quand leur butin est destiné à nous habiter plus qu’à nous vêtir : c’est une fausse enveloppe, la peau des autres comme elle aimerait les voir. Quant à la quatrième, elle rassemble les peaux. Peaux projectives. Projectiles jetés contre l’atelier, lignes de vie et de chance mêlées, stratigraphie des sens. Pouvoir percer. Percer pour voir.
Flâner. Quitter. Reprendre. Sans s’emmêler les pinceaux. Résister. S’immiscer. Se ressaisir. Se dessaisir. S’inviter. Se parler. Ne pas. Encore. Peau de balle. Trou. Plein. Trop. Pas assez. Laisser
passer. Laisser couler. Mieux dire. Bien faire. Ne rien faire. Ou bien si peu. Dans une heure, dans un jour, dans trois mois, jamais plus… jamais jamais plus. Demain.


François Michaud, 16 mars 2018

Crire / Expo solo

Du 11 Mai au 13 Juillet / 2018

Commissariat: Alain Barret

Vernissage le 12 Mai

Librairie-galerie Apostrophe. Chaumont

Dans le cadre d'Aponia Hors les murs

 

L'exposition Crire présente la série d'encres sur papier d'Elsa Cha intitulée Écrire.

Les taches d'encre sont le départ de chacun de ses dessins de cette série et la maîtrise qu'elle y met en amorce est très parcimonieuse.  Écrire ici c'est dessiner, représenter ce dialogue entre la main et le médium dans une danse ( aller vers, rencontrer). C'est un langage comme une poésie, qui appartient à des espaces méconnus lorsque le dessin se construit au tout début, et pourtant dans des réponses très investies. 

Écrire c'est à la fois raconter et se taire, c'est rire ou crier - en silence - et dans le dessin il s'agit de laisser le rythme s'installer entre ce qui est présent et ce qui est caché. Le choix chromatique annonce une ambiance, amorce une histoire, par les noirs et les blancs dans une dualité, que le graphite réunis pour donner à entendre, un peu.

SALO VI

Du 15 au 18 Juin / 2018

Commissariat: Laurent Quénéhen

Vernissage le Jeudi 14 Juin (sur invitation)

111bis Bd de Menilmontant. Paris

http://www.salo.salaisons.org/

Salon du dessin érotique, sixième édition. Tout a débuté il y a six ans dans une légèreté rigolote. Un salon cochon dans une salaison, c’était hors de propos, légèrement désuet. Les années qui suivirent le salon du dessin érotique prit hélas une connotation politique : tout d’abord avec le débat sur le voile et ensuite avec les attentats, dont celui contre les journalistes et les dessinateurs de Charlie Hebdo, Salo fut parfois vécu comme un salon de résistance à la censure.

Cette censure contre les libertés reste à propos car il est chaque année difficile de trouver un espace. L’érotisme est sale pour les congrégations municipales, religieuses ou ultra-capitalistes, un salon d’art se doit d’être clean, cher et élitiste.  S’il n’y avait pas ce directeur humaniste d’un espace privé qui nous accueille, Jacques Frézal, Salo n’existerait plus.

Cette année, l’air du temps présent est encore empreint de la guerre des sexes, des « Me Too », des « Balance ton porc ».

Ce salon n’est pas là pour raviver la polémique, d’autant qu’il est organisé par les salaisons. Le cochon, malgré toute cette haine déversée sur lui est une belle bête. C’est l’animal le plus proche de l’être humain par son alimentation, ses organes, mais contrairement à ses lointains cousins masculins, il ne viole personne, il est même victime d’une surproduction inutile et carcérale, bien des porcs bretons et d’ailleurs vivent un enfer quotidien. 

Le porc masculin est plus rare, le souci est qu’il sévit beaucoup. Un porc homme va sans cesse agresser, humilier, harceler, c’est dans sa nature primaire, peut-être 30 femmes par mois, 360 par an ou même le double, ce qui donne cette impression de flux continu et retombe sur tous les hommes, dont certains osent pourtant à peine proposer un café à celle dont ils rêvent.

L’esprit est feignant, il a tendance à grouper, assimiler ceci à cela. Un homme porc n’est pas tous les hommes, l’Islam n’est pas l’Islamisme, la femme n’est pas les femmes, ce qui est général est généralement faux.

Dans la vie comme dans l’art, il y a toujours ce travail exigeant qui demande de tout revoir à chaque instant avec un regard neuf sur ce qui est présent hic et nunc et non sur ce qu’on croit reconnaître.

Cette année des espaces parisiens se sont associés à Salo, ce parcours est un lien puissant car ce qui réunit chacun c’est le goût de la découverte, de l’autre, de l’inconnu, du plaisir visuel, gustatif, l’envie d’être apprécié et osons un mot rare et rose : aimé.

C’est dans l’attraction des différences que les êtres humains ont le plus de points communs, c’est ce qu’affirme Salo VI et ce parcours érotique dans Paris.

Laurent Quénéhen